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 Journal de C. Sarlak

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MessageSujet: Journal de C. Sarlak   Lun 24 Aoû - 10:02



Journal de Cameron L. Sarnak

Je me prénomme Cameron Luther Sarnak, fils d'un ouvrier et d'une prostituée, autrefois enfant sacrifié de London et abandonné dans les mines de fond. De mes trente-sept années terrestres, je n'ai aucun souvenir de lumière, mais plutôt de brouillard, de misère et de violence. Ouvrier en métallurgie puis mineur, j'ai connu le dessous de la flamboyante London, et m'adonne aujourd'hui à réaliser en ce monde les projets d'hommes plus sages que moi même, qui ont brièvement éclairé de leurs lumières le 19ème siècle. Selon les avis de chacun je suis un combattant civil, un révolutionnaire, un terroriste, un assassin... Mon occupation, il est vrai, n'est pas des plus reluisantes, mais elle accompagne la tentative de création d'un monde plus juste. Ceux contre qui je lutte n'ont rien de l'innocent et de l'opprimé, et n'ont rien à envier au criminel que je suis. Mes motifs sont justes, mon devoir sacré et c'est pour établir de meilleurs lendemains, que je m'adonne aux basses besognes aujourd'hui. Aussi, j'accomplis ma tâche dans la croyance qu'elle amènera un nouveau jour.

Viendra un jour, je le sais, où mes camarades et moi serons victorieux, et où London détruite, renaîtra de ses cendres, plus saine, plus belle, plus juste. Mais jusqu'à ce que ce jour vienne, je resterai l'ombre sur le tableau, le spectre, le loup, qui guette patiemment l'opportunité d'attaquer à la gorge ceux qui dirigent cet univers avili par l'égoïsme et la cupidité. Je les saignerai.

Mon nom est Cameron Luther Sarlak, le spectre de London. Ceci est mon histoire.



****


Entrée cent-vingt-troisième

Sal' est mort hier soir. C'est la toux qui l'a tué. Pendant quinze ans il l'a trimballé, depuis son dernier séjour dans les mines, luttant tous les jours pour survivre à la peste des temps modernes. Pendant un temps, on aurait pu croire qu'il surmonterait la maladie, comme il avait surmonté tout le reste: l'usine, la mine, la taule... Il avait tout vu, tout vécu, tout traversé dans son périple de misère dans un monde sans justice. Alors, oui, on aurait pu croire qu'aucune épreuve, aucune tempête, n'aurait fait chavirer ce navire là... Puis hier, la toux a empiré. Il a craché des glaires de sang tout au long de la matinée. Ioulia et moi avons du le laisser avec Kovax, le temps de faire la besogne du jour, tant son état ne cessait de s'aggraver. Une toux à s'en arracher les poumons... Elle résonne encore dans ma tête. Vers la fin, il ne parlait même plus - trop faible sans doute, pour articuler quoique ce soit, la gorge complètement ravagée, flinguée de l'intérieur.

Puis en rentrant, il ne toussait plus. Plus du tout. Tess a pleuré, et les sanglots ont meublé l'atmosphère désertée par les derniers cris de Sal'... Kovax a archivé son nom avec celui des autres, ceux d'avant que l'on oublie pas, et puis c'était fini. Ioulia disait qu'il fallait l'enterrer, parce que dans la famille ça se faisait, et parce qu'un homme tué par l'air de London méritait de reposer sous terre, là où la fumée des usines ne l'atteindrait pas. Mais London s'infiltre bien en dessous des limites du sol, et jusqu'aux racines de la terre, on entend la clameur infernal du métro, des trains qui passent et des bouches d'usines. Il n'y a plus de nature où ensevelir nos morts - pas dans le cadre du secret et de l'intime, j'entend - et ainsi, pour éviter d'avoir à l'enterrer sous les rails d'un train ou aux abords d'une fosse septique, on a brûlé ses restes dans la vieille chambre de May, là où le toit s'est effondré sur elle il y a quelques années. Kovax a prononcé le sacrement du groupe; Ioulia a récité quelques passages de la Bible. C'était sordide, mais c'est là quelque chose de propre à l'air du temps...

Maintenant que Sal' n'est plus et que les effectifs du groupe s'amenuisent, Kovax pense qu'il faudrait recruter de nouveau. Il a sans doute raison, mais je peine à me faire à l'idée de remplacer un camarade tombé comme on remplace un ouvrier qui s'est tué à la tâche. L'idée me peine. Mais nous ne sommes plus nombreux - Tess, Kovax, Ioulia, Meikko, Otto, Cen et moi... Et d'autres mordront la poussière bientôt. C'est un risque à prendre de toute façon, et ils le savent bien. Mais pour ceux d'entre nous qui survivent dans les ruines, le moral mincit et l'espoir se fait rare. Ça ne s'arrangera pas avec le temps.

En attendant, Ioulia a trouvé un type pouvant nous faire rentrer dans la plus grosse mine de charbon de London. C'est une bonne nouvelle et il va falloir se montrer persuasif - car une fois rentré là dedans, on mettra le feu aux poudres. L'heure n'est pas encore venue, mais le temps va nous manquer.

Alors nous patientons dans les ombres, à attendre le moment opportun...

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MessageSujet: Re: Journal de C. Sarlak   Mar 25 Aoû - 19:21

Entrée cent-vingt-quatrième

Sanders. C'est le nom du type que Ioulia a déniché pour nous obtenir quelques informations sur les complexes miniers de London ainsi que la gestion de l'acheminement du charbon et du fer. Il a la gueule misérable des gens qui se sont usés à servir un système inique, et il est si consumé par les années qu'on lui verrait presque l'âme. Ioulia est convaincue qu'il ferait un bon indicateur pour le groupe, mais je n'en suis pas si sûr. Même s'il a été abusé par le monde et par ceux qui le dirigent, les hommes comme lui ne servent qu'un seul maître, qui traverse toutes les frontières, les âges et les civilisations: l'argent. C'est sans scrupule qu'il nous a vendu la mèche à propos des convois nocturnes, et je doute qu'il doute davantage à nous balancer au premier investigateur venu, si celui ci venait à se monter un brin persuasif.

L'information sur les convois nocturnes reste précieuse. Nous savons maintenant quelle grille horaire ceux ci favorisent pour effectuer leur acheminement, et les sabotages seront désormais beaucoup plus faciles à programmer. J'ai pu constater ce soir quelles voies ferrées ils empruntaient et où ils s'arrêtaient pour descendre la marchandise. Nous avons repéré quelques uns des entrepôts, et manifestement, ceux ci sont assez mal gardés - déborder la sécurité devrait être l'affaire de trois ou quatre personnes. C'est assez peu, mais avec l'état actuel des effectifs, c'est à peine envisageable. Otto est loin et Cen se remet encore de l'échauffourée de la semaine passée. Ioulia et Meikko sont persuadés que nous serions assez de trois pour piller l'entrepôt, mais ils ont torts. Je ne risquerai par leurs vies pour rien.

Il parait clair désormais que nous avons besoin de nouvelles recrues, afin de permettre à SESTA d'étendre son réseau Londonien. Avec si peu de membres, nous ne pouvons pas agir efficacement et une seule erreur pourrait être notre chute. Je ne laisserai pas notre rêve disparaitre dans l'oubli alors que se profile à l'horizon une ère nouvelle où l'espoir est permis, et où changer le monde n'est plus une fantaisie. Si seulement je pouvais trouver un moyen de me rapprocher des strates supérieures de la société, notre marge de manoeuvre évoluerait considérablement.

Ce n'est pas d'un indic' véreux dont nous avons besoin, mais d'une zélote, convaincue et dévouée, qui ira s'introduire dans les rangs adverses, et qui les poignardera dans le dos quand l'heure sera venue.

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MessageSujet: Re: Journal de C. Sarlak   Jeu 27 Aoû - 21:30

Entrée cent-vingt-cinquième

Il semblerait que j'avais vu juste sur le compte de Sanders. J'ai pris soin de rentrer par effraction dans son domicile la nuit dernière, afin de vérifier par moi même ce que le personnage nous dissimulait. En fouillant dans son bureau, j'ai pu mettre la main sur un certain nombre de dossiers qui confirmaient les dates et horaires qu'il avait  initialement confié à Ioulia en gage de bonne foi. La riche correspondance qu'il entretient par ailleurs avec des propriétaires industriels notoires (Rudyard Farlon; Sir Terrence Irving; Sir Robert Drown) confirme quant à elle que Sanders s'apprêtait à nous jeter dans la gueule du monstre aussitôt, en précisant à ses interlocuteurs le "possible attentat d'un groupuscule anarchiste" sur leurs exploitations minières. Le lâche a toujours la trahison facile...

Cela complique considérablement les plans d'expansion que je réservais à SESTA, et il va désormais falloir ruser autour du piège. Étrangler Sanders ne me sera pas d'un grand secours, aussi il me semble plus sage de le déborder du côté où il se sent protégé. Dans la mesure où Sanders a vu le visage de Ioulia, elle doit désormais rester discrète pour les jours à venir, du moins jusqu'à ce que je me sois débarrassé de lui et de ses partenaires de jeu. Farlon semble tout particulièrement impliqué dans les machinations de l'imbécile, et je crois comprendre qu'il pilote celui ci afin de se protéger, lui et ses compères nobliaux. Sa tête tombera la première.

Après en avoir discuté avec Kovax, je pense pouvoir trouver Farlon dans un club du vieux London - "Le Dernier Cri" - réputé pour son image de luxe et sa "haute" clientèle vautrée dans le stupre. Farlon est semble-t-il, un habitué de ce milieu là, et il est fort probable qu'il sera présent lorsque j'irai lui rendre une petite visite de courtoisie, d'ici quelques jours. Puisque Ioulia est compromise, et qu'Otto est apparemment entre les mains de la milice bourgeoise pour une stupide histoire de castagne, j'opérerai seul. Après tout, je ne devrais pas avoir beaucoup de mal à administrer à ce rebut, le plomb qu'il lui manque à la cervelle...

Lorsque ce sera fait, je m'assurerai que la nouvelle de sa mort parvienne aux oreilles du camarade Sanders, qui sera bien obligé d'attendre son tour dans l'angoisse, le temps que je prenne soin d'exécuter ses acolytes. Puis lorsque tous quatre auront rejoint la poussière de London, SESTA s'occupera de faire couler le venin de la dissidence dans les mines du chagrin et de la tyrannie.

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